Du 17 au 19 juin 2026, des centaines de personnes déléguées provenant des associations et syndicats affiliés à la CSD se sont réunies à Saint-Hyacinthe à l’occasion de la 39e assemblée plénière de la Centrale, sous le thème « D’hier à demain, ouvrir la voie ».
Cet événement a permis de faire un survol des gains et des avancées obtenus par les luttes collectives au fil des années, de prendre une lecture de la situation actuelle et de réfléchir ensemble à ce qu’est et devra être l’engagement syndical comme mouvement social et collectif répondant aux enjeux de son époque, tout en demeurant à l’écoute de ses membres et de la société québécoise.
La CSD, tout comme l’ensemble du mouvement syndical, a été un partenaire des avancées sociales et économiques du Québec. Ces avancées collectives ne doivent jamais être tenues pour acquises. Les attaques législatives des dernières années ainsi que la montée de discours valorisant la fragmentation de la société au détriment de la force collective rappellent plus que jamais l’importance d’un mouvement syndical fort.
Un discours d’ouverture tourné vers l’avenir

Dans son discours d’ouverture, le président de la CSD, Luc Vachon, a rappelé toute la pertinence du mouvement syndical dans le contexte actuel.
« Les syndicats sont et seront toujours pertinents lorsqu’il y a des inégalités, des iniquités, un mauvais partage de la richesse qui la concentre toujours plus dans peu de mains alors que le reste de la population peine à arriver. Quand les transformations du monde du travail sont importantes, en santé et sécurité du travail, en matière de changements technologiques ou encore d’un plus juste accès à l’emploi, nous sommes au rendez-vous. »
Le bilan de la dernière année
Les travaux se sont poursuivis par un retour sur les principales activités de la Centrale réalisées entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026.
Une vidéo récapitulative a permis de mettre en lumière les moments marquants, les mobilisations, les gains et les réalisations qui ont façonné cette dernière année à la CSD.
La première journée a également été marquée par les témoignages de groupes ayant récemment vécu des conflits de travail, soit chez Krispy Kernels, par l’entremise de Manuel Charron-Paris, et chez American Biltrite, en présence de représentants du syndicat.
États financiers 2025-2026 et prévisions budgétaires 2026-2027

Les personnes déléguées ont reçu une présentation des états financiers 2025-2026 lors de la première journée. Le lendemain, ils ont adopté les orientations budgétaires 2026-2027 de la Centrale, permettant à la CSD de poursuivre sa mission au service des travailleuses et des travailleurs.
Panel « D’hier à demain, ouvrir la voie »
Moment fort de cette assemblée plénière, le panel « D’hier à demain, ouvrir la voie » réunissait :

Nathalie Guay, directrice générale de l’Observatoire sur les inégalités;
Benoit Marsan, professeur associé au Département d’histoire de l’UQAM;
Mélanie Dufour-Poirier, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal.
En revenant sur les grandes luttes syndicales qui ont façonné le Québec, les panélistes ont rappelé une constante : les avancées sociales n’ont jamais été offertes, elles ont été gagnées grâce à la mobilisation et à l’engagement des militantes et des militants.
Les échanges ont également mis en lumière plusieurs défis bien actuels : la montée des inégalités, la précarité du travail, les atteintes à la santé mentale, les transformations liées à l’intelligence artificielle et les changements climatiques.
La fatigue militante a occupé une place importante dans les discussions. Les panélistes ont souligné que l’engagement syndical a toujours été exigeant, mais que les défis d’aujourd’hui rendent plus complexe la recherche de relève et la participation des membres. Ils ont notamment évoqué l’importance de mieux politiser les enjeux vécus dans les milieux de travail, de faire des questions de santé mentale et d’organisation du travail des priorités syndicales et de redonner toute sa place à la mobilisation collective.
Un message fort s’est dégagé de ce panel : rien n’est acquis. Plus que jamais, le mouvement syndical doit demeurer un contrepoids essentiel et continuer d’ouvrir la voie pour les travailleuses et les travailleurs d’aujourd’hui et de demain.
Deux présentations sur le PL3 (Loi 4)
Les personnes déléguées ont également assisté à deux présentations portant sur les mesures finales du PL3 (Loi 4), Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail.

Francis Fortier, conseiller syndical à la recherche, a présenté les principaux enjeux entourant cette nouvelle législation ainsi que les nouvelles obligations qu’elle entraîne pour les organisations syndicales. La CSD a par ailleurs préparé un guide pour ses membres.
Les États généraux du syndicalisme

En continuité avec les réflexions amorcées lors du colloque des États généraux du syndicalisme, Samuel-Élie Lesage, conseiller syndical à la recherche et à la main-d’œuvre, a présenté les principales conclusions de cette démarche.
À la suite de cette présentation et du témoignage de Sonia Rousseau, secrétaire du Syndicat des salarié(es) de l’agroalimentaire d’Ange-Gardien (CSD), les personnes déléguées ont affirmé leur volonté de voir la CSD, par l’entremise des États généraux du syndicalisme, mettre tous les moyens nécessaires en œuvre pour faire progresser le syndicalisme au Québec.
Retour sur la négociation des ressources de l’ADREQ (CSD) et de l’ADRAQ (CSD)
Une présentation a également été consacrée à la longue négociation des ressources de l’ADREQ (CSD) et de l’ADRAQ (CSD), à la suite de l’entente de principe survenue le 5 juin.
Cette négociation, qui s’est étirée sur plusieurs années, a notamment été marquée par le fait que les ressources ne disposent pas d’un véritable rapport de force.

À cette occasion, Kaven Bissonnette, vice-président de la CSD, a invité sur scène Louis-Charles Benoit et Marie-Pierre Plante, personnes conseillères syndicales à la CSD, afin de souligner leur contribution importante tout au long de cette négociation.
Mise à jour : Dans les jours suivants l’assemblée plénière, les membres des ADREQ (CSD) ont entériné à 95,1 % et les membres des ADRAQ (CSD) à 82,5 % l’entente de principe à la suite d’assemblées générales qui se sont tenues dans les différentes régions et en ligne.
Trois journées tournées vers l’avenir
Pendant trois jours, les personnes déléguées ont participé à des échanges enrichissants, adopté les orientations nécessaires au développement de la Centrale et réaffirmé leur volonté de faire progresser le mouvement syndical.
Cette 39e assemblée plénière aura rappelé que les gains sociaux sont le fruit de la mobilisation collective et que les défis d’aujourd’hui comme ceux de demain exigent un mouvement syndical fort, engagé et capable de se renouveler.
Plus que jamais, la CSD continuera d’ouvrir la voie. ✊



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