La Centrale des syndicats démocratiques (CSD) dénonce fortement et avec indignation les coupures de personnel de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui ont été récemment annoncées et commandées par le Conseil du trésor. 115 emplois seront supprimés d’ici l’an prochain. Ces coupures s’ajoutent par ailleurs aux 250 emplois coupés l’été dernier.
« Nous accueillons avec consternation et frustration ces annonces successives, déplore Luc Vachon, président de la CSD. La CNESST joue un rôle crucial pour assurer le respect des lois du travail et de leurs bonnes applications. Couper dans le personnel, alors que la CNESST peine déjà à accomplir ses missions de base, sans compter qu’elle est souvent le dernier rempart de protection des travailleuses et travailleurs, c’est les exposer à des situations plus dangereuses, plus injustes et plus inégalitaires. »
Des services essentiels menacés
Depuis plusieurs années, les services de la CNESST font l’objet de nombreuses critiques : longs délais d’attente pour parler à un membre du personnel ou pour traiter un dossier, inspectorat en nombre insuffisant, contestations à outrance des dossiers des personnes victimes d’une lésion professionnelle. Réduire autant le personnel de la CNESST ne va aucunement aider à rétablir la situation et ce sont les personnes salariées les plus vulnérables qui en feront les frais.
« De plus, nous sommes présentement dans une année charnière. Un exercice de maintien d’équité salariale doit être mené dans la majorité des entreprises québécoises, tandis qu’on implante des modifications majeures dans le régime de prévention à travers le Québec. Réduire le personnel de la CNESST, qui joue un rôle essentiel pour accompagner les milieux et répondre à leurs besoins, c’est se condamner à ne pas pouvoir atteindre les objectifs », explique Luc Vachon.
Zéro impact sur les finances publiques, mais des impacts majeurs sur le terrain
Pour la CSD, il est incompréhensible que la CNESST soit assujettie aux orientations budgétaires du Conseil du trésor en matière de dépenses de fonctionnement et de rémunération, car la CNESST est un organisme public qui possède un financement autonome et son fonctionnement n’a aucun impact sur les finances de l’État. En contrepartie, en réduire l’efficacité va nuire à l’ensemble du Québec, tant aux personnes salariées qu’aux entreprises, en plus d’entraîner des coûts importants.
« L’allongement des délais de traitement des dossiers de lésions professionnelles, les retards dans les exercices d’équité salariale, la réduction de la protection des personnes non-syndiquées, tout ça a un coût important. En amputant les capacités de la CNESST d’accomplir pleinement ses rôles, non seulement le gouvernement ne réalise aucune économie, mais il fait augmenter les coûts sociaux et économiques du laisser-faire. C’est tout aussi incompréhensible qu’inacceptable! », dénonce Luc Vachon.