Calculatrice avec des billets de banque canadiens

La Centrale des syndicats démocratiques (CSD), aux côtés des autres centrales syndicales, a rencontré cet après-midi le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations pré-budgétaires menées par celui-ci.  

« Le Québec fait face à des transformations majeures de son économie. Ces changements sont profonds et multiples, qu’il s’agisse de nouveaux marchés, de technologies numériques, de hausse de la productivité ou de la disponibilité et de la qualification de sa main-d’œuvre. Pour arriver à relever simultanément ces défis, le ministre des Finances a non seulement l’occasion d’agir comme un catalyseur de ces transformations, mais il en a la responsabilité », de préciser Luc Vachon, président de la CSD.  

Une politique industrielle pour des régions fortes  

La CSD rappelle que la mise en place d’une politique industrielle structurante n’est pas un choix optionnel, mais une nécessité stratégique pour assurer un développement équilibré de l’ensemble du territoire québécois.  

Certaines régions vivent une réalité particulière, notamment une économie mono-industrielle ou fortement dépendante d’un ou deux secteurs, qui exige des mesures adaptées.  

Une politique industrielle doit poursuivre un double objectif :  

  • accroître la résilience de l’économie québécoise;  
  • assurer une transition juste pour les travailleurs et travailleuses ainsi que pour les entreprises, dans toutes les régions.  

Demandes de la CSD :  

  • Mettre en place une politique industrielle visant la 2e et 3e transformation afin de réduire les chaînes d’approvisionnement et les émissions de GES liées au transport;  
  • Conditionner les aides financières aux entreprises à des critères clairs : création d’emplois de qualité, bonnes conditions salariales et gains environnementaux, avec pénalités en cas de non-respect.  

L’urgence d’agir pour l’économie forestière  

Malgré certains investissements annoncés, l’économie forestière québécoise demeure grandement fragilisée.  Si certaines entreprises ont pu reprendre leurs activités, bien qu’encore fragilement, comme la scierie d’Arbec à Péribonka, d’autres sont à l’arrêt, comme Scierie Parent et d’autres ont fermé, comme l’usine F.F. Soucy de la compagnie White Birch.  

La CSD demande au gouvernement d’écouter ce qui est ressorti du Sommet sur la forêt et de mettre rapidement en œuvre un véritable plan de transition et de transformation de l’industrie forestière.  

Ce qui doit être mis en place selon la CSD:  

  • Un soutien financier spécifique pour permettre aux personnes salariées de l’industrie forestière de rehausser leurs compétences ou se former, en partenariat avec le réseau de l’éducation et les comités sectoriels de la main-d’œuvre;  
  • Un appui aux entreprises forestières pour favoriser l’innovation et la diversification;  
  • Des mesures pour stimuler la demande de nouveaux produits du bois et soutenir les personnes salariées qui souhaitent se réorienter;  
  • Une hausse des investissements en aménagement forestier et une amélioration de l’efficacité des travaux réalisés par Québec.  

Une transition numérique qui passe par les travailleuses et travailleurs  

La transition numérique visant une hausse de productivité doit prioritairement s’appuyer sur le développement des compétences de la main-d’œuvre et sur un véritable dialogue social.  

Les expériences documentées démontrent que la réussite d’une transformation technologique dépend largement de la qualité du dialogue entre l’employeur et les travailleurs et travailleuses. Une implantation technologique efficace exige donc des mécanismes formels de concertation pour évaluer les impacts sur l’organisation du travail, la charge de travail et la qualification requise.  

La CSD demande :  

  • Que les employeurs informent les personnes salariées ou leur syndicat dès le début de tout projet de transformation numérique ayant des impacts importants;  
  • D’encourager les entreprises à évaluer leurs besoins en matière de transition numérique avec l’appui des comités sectoriels de la main-d’œuvre, de Services Québec et d’Investissement Québec.  

Renforcer l’accès à la formation  

La CSD réitère l’importance de renforcer le système de formation et son accessibilité afin que la formation soit qualifiante et adaptée aux différents parcours des travailleurs et travailleuses. Ce renforcement doit s’accompagner d’une aide financière adéquate.