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Un budget sans grandes avancées

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a présenté hier un budget mitigé pour la Centrale des syndicats démocratiques (CSD). Bien qu’il s’inspire de certaines réussites québécoises, ce budget canadien 2018-2019 ne propose pas, entre autres, de mesures concrètes et nouvelles pour lutter contre l’évitement fiscal international et soulève des questions sur la mise en œuvre du soutien prévu pour aider les milliers de travailleuses et travailleurs saisonniers au Québec.

Congés parentaux, équité salariale et condition féminine

La CSD ne peut qu’approuver les nouvelles mesures prévoyant l’augmentation des congés parentaux pour les hommes ainsi que l’atteinte de l’équité salariale dans les milieux de travail réglementés par le gouvernement fédéral. « Rappelons que l’équité salariale a été mise en place au Québec en 1996. Certes, le gouvernement fédéral s’est inspiré de cette grande innovation de l’époque mais, une fois qu’on a dit cela, on ne constate rien de nouveau pour les Québécoises. Nous observerons de près les études qui seront menées pour l’écriture de la loi fédérale en espérant que celle-ci prévoira des solutions nouvelles aux lacunes répertoriées au Québec », a précisé Luc Vachon, président de la CSD.

Quelques jours avant la Journée internationale des femmes, la CSD salue la mise en place de mesures pour faciliter l’intégration des femmes au marché du travail et celles visant l’atteinte de l’équité salariale. Entre autres, la CSD considère positivement la nouvelle subvention destinée aux femmes voulant intégrer les métiers Sceau rouge.

Lutte aux paradis fiscaux

Quant à la lutte aux paradis fiscaux, la CSD constate qu’aucune mesure réelle, nouvelle et concrète n’apparait dans le budget Morneau. Au-delà de suivre les 187 000 transactions étrangères, que prévoit le gouvernement? « Lorsque nous analysons le budget, nous ne lisons que l’étalage de ce qui a déjà été fait et rien de plus. Il est désolant que le gouvernement ne prenne pas plus au sérieux les milliards de dollars canadiens qui disparaissent dans les paradis fiscaux chaque année. Le gouvernement est en mode surveillance, mais il ne faut pas seulement surveiller, il faut prendre les grands moyens pour mettre enfin un terme à l’évitement fiscal international » a ajouté Luc Vachon. Des mesures plus fermes et affirmées, telle que l’abolition de certaines ententes de non double taxation avec des pays considérés comme des paradis fiscaux, étaient attendues par la CSD, membre actif du collectif Échec aux paradis fiscaux.

Assurance-emploi

Rappelons que la CSD comptait parmi les organisations québécoises qui revendiquaient un prolongement de la période de prestations d’assurance-emploi pour éliminer le « trou noir », soit la période entre la fin des prestations et la reprise de l’emploi, qui affecte des milliers de travailleurs saisonniers vivant principalement au Québec et dans les provinces maritimes.

La CSD est heureuse de constater que le gouvernement fédéral reconnaisse le problème en proposant une collaboration avec les provinces touchées. Toutefois, cette mesure prendra la forme d’un soutien de 10 millions de dollars à court terme, ce qui soulève de nombreuses questions et inquiétudes. « Jusqu’à quel point ces mesures permettront-elles réellement et concrètement aux gens d’avoir un remplacement du revenu jusqu’à ce qu’ils soient rappelés au travail? » s’est interrogé le président de la CSD. Pour les deux prochaines années, des sommes plus substantielles seront attribuées pour tenter de trouver des solutions au « trou noir » (80 M $ et 150 M $) adaptées à chaque province, mais encore une fois, sous la forme de projets pilotes. « Le trou noir est un phénomène auquel sont confrontés des milliers de chômeurs et chômeuses chaque année, il a été maintes fois étudié, nous aurions aimé voir des mesures plus durables pour régler le problème cette fois-ci. Nous attendons donc de connaître les détails des collaborations prévues avec les provinces touchées » a poursuivi Luc Vachon.

Quant aux conditions générales d’admissibilité à l’assurance-emploi, la CSD aurait voulu voir abaisser à 350 le nombre d’heures requis pour pouvoir bénéficier des prestations. N’apparaissant pas dans le budget, cette nouvelle mesure aurait été l’occasion de reconnaître que le marché du travail a changé et que le régime doit s’adapter au développement de la précarité des emplois.

Bois d’œuvre

Avec toute l’incertitude entourant l’exportation du bois d’œuvre aux États-Unis, la lutte pour maintenir les emplois de qualité du secteur forestier au Québec est capitale. La CSD accueille favorablement les mesures de soutien à la hauteur de 191 millions de dollars sur cinq ans prévues pour soutenir les entreprises forestières québécoises. Cette somme sera probablement consacrée en grande partie à la bataille juridique qui s’annonce devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), bataille que la CSD soutient sans réserve puisque les allégations américaines de subventions déguisées au secteur forestier sont fausses.

La CSD regroupe quelque 300 syndicats dans de nombreux secteurs d’activités et elle est l’une des quatre centrales syndicales que compte le Québec. Fondée en 1972, elle se distingue par son approche humaniste, basée sur le respect, la primauté de la personne et la démocratie.