Le ministère du Travail a annoncé le 22 janvier une hausse de 50 ¢ du salaire minimum, qui passera à 16,60 $ l’heure le 1er mai 2026. Une augmentation qui est encore une fois totalement insuffisante face à l’explosion du coût de la vie.

Une hausse de 50 ¢ de l’heure, alors que le coût de la vie explose, c’est la preuve d’un gouvernement déconnecté qui choisit de maintenir des travailleuses et des travailleurs dans la précarité plutôt que de leur permettre une vie avec un minimum de dignité. – Luc Vachon, président de la CSD.

Depuis plus de 20 ans, les gouvernements s’imposent un « verrou » qui limite le salaire minimum à 50 % du salaire horaire moyen. Ce ratio arbitraire (le verrou Fortin) évoque des scénarios catastrophes qui ne se sont jamais concrétisés et repose de plus sur des données d’une autre époque qui sous-estiment la réalité des salaires et maintiennent artificiellement le salaire minimum à un niveau trop bas. Même si le gouvernement voulait s’appuyer sur cette règle de 50 %, en actualisant la méthode à la réalité d’aujourd’hui, le salaire minimum pourrait être beaucoup plus élevé.

Le gouvernement nous servira le discours habituel qu’en considérant la fiscalité, le revenu disponible des personnes au salaire minimum au Québec est parmi les plus élevés au Canada, mais en maintenant ce choix politique, le gouvernement perpétue la précarité et subventionne indirectement certains secteurs, comme les géants du commerce de détail, les chaînes d’alimentation et les consortiums de résidences privées pour aînés, à même les impôts et les taxes de la classe moyenne.

Faut-il encore le rappeler, une personne qui travaille à temps complet devrait se permettre de vivre dignement, pas seulement de survivre.