Le 24 mars dernier, le président de la CSD, Luc Vachon, a participé à la remise des bourses de l’Université Laval afin de remettre la bourse CSD à M. Mohamed Fangachi. 

Cette bourse a été attribuée à un projet de recherche doctorale aussi pertinent qu’actuel, portant sur la vulnérabilité et la précarité en santé et sécurité du travail ainsi qu’en santé mentale des travailleurs étrangers temporaires. 

Les recherches de M. Fangachi s’intéressent aux conséquences bien réelles des permis de travail fermés, un système qui place trop souvent les travailleuses et travailleurs migrants dans une situation de grande dépendance envers leur employeur. Lorsque le droit de travailler est lié à un seul employeur, cela peut ouvrir la porte à différentes formes d’abus et rendre plus difficile la dénonciation de situations injustes ou dangereuses. 

Son projet documentera plusieurs enjeux vécus sur le terrain : précarité d’emploi, discrimination, marginalisation, longues heures de travail, surcharge, bas salaires, horaires atypiques, manque de formation, exclusion et impacts sur la santé psychologique. 

À travers une collecte de données menée directement auprès des travailleuses et travailleurs concernés, M. Fangachi vise à faire entendre des réalités trop souvent invisibles. Son objectif : démontrer que ces difficultés ne relèvent pas de cas isolés, mais d’un cadre qui précarise une partie essentielle de la main-d’œuvre. Il cherche à montrer que cette précarité est institutionnalisée. 

Alors que l’économie bénéficie largement du travail des personnes migrantes, leurs conditions de vie et de travail demeurent trop souvent reléguées au second plan. La thèse de M. Fangachi contribuera à mieux comprendre les risques auxquels elles sont exposées et à éclairer les décisions publiques à venir. 

M. Fangachi connaît cette réalité de près. Immigrant arrivé du Maroc en 2009, il a lui-même dû composer avec les obstacles que rencontrent de nombreuses personnes immigrantes à leur arrivée. Malgré une qualification de haut niveau, il n’a pas pu occuper son emploi d’origine. Une expérience marquante qui a nourri sa réflexion et son engagement envers la justice au travail. 

La CSD est fière de soutenir des travaux qui donnent une voix à celles et ceux qu’on entend trop peu et qui participent à bâtir des milieux de travail plus justes, plus humains et plus sécuritaires pour toutes et tous. 

Félicitations et merci à Mohamed Fangachi !