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Le fureteur CSD – Vol. 16 – n°1 – Page 48 – Personnel de la CSD

Gérald Picard
Par Jacqueline De Bruycker

Gérald PicardGérald Picard est né en Estrie, plus précisément à Stratford, qui se trouve à michemin entre Thetford Mines et Lac-Mégantic, d’une famille de 12 enfants. Quand il est venu le temps de se choisir un métier, il a suivi les traces de son père qui a travaillé plusieurs années dans la construction.

Un diplôme d’études professionnelles en poche et une formation de 1 350 heures, il débute à 17 ans sur les chantiers de construction à Sherbrooke comme charpentiermenuisier, « mais à cette époque, les travailleurs de la construction étaient davantage des généralistes, on pouvait faire n’importe quels travaux sur un chantier », souligne-t-il. Gérald Picard avoue que, plus jeune, il voulait être dessinateur industriel, c’est en attendant qu’il a décidé de travailler dans la construction, mais il finit par prendre goût à la vie de chantier. « Je n’ai pas regretté mon choix. Construire une maison, une usine, un édifice quelconque, c’est quelque chose de concret, de positif, c’est apporter une contribution réelle et utile à la société. »

Il a passé une grande partie de sa vie professionnelle dans la région de Sherbrooke, mais il a travaillé quelque temps à Québec et à Montréal comme surintendant de chantier ainsi qu’aux États-Unis pendant un peu plus d’un an dans le secteur résidentiel. « J’ai touché à tous les secteurs de l’industrie, mais ce que j’ai toujours préféré, c’étaient les structures de béton. »

Il a été membre d’autres organisations syndicales avant de joindre la CSD en 1978, « Claude Gingras, qui était alors conseiller syndical à l’organisation et à la négociation, est venu visiter le chantier sur lequel je travaillais, nous avons discuté et j’ai vraiment aimé ce qu’il m’a dit, si bien que j’ai décidé de joindre la CSD Construction », relate-t-il.

Il explique que le choix a été d’autant plus facile que l’expérience qu’il avait vécue avec la FTQ Construction lui avait laissé un goût amer. « J’étais agent d’affaires. On m’avait donné comme consigne de dire ce qu’on me disait de dire. Mais c’était contre ma nature. Comme je voulais être libre de donner mon opinion, je suis parti. »

En 1997, il devient conseiller syndical affecté à la construction en Estrie, responsabilité qu’il assumera jusqu’à sa retraite en octobre 2016. « À mes yeux, mon travail, c’était surtout de défendre les travailleurs, surtout ceux qui étaient le plus mal pris, et de le faire avec compréhension et respect. Je n’ai jamais eu peur de me battre pour eux. »

Dans ses souvenirs, les bons moments qu’il a vécus sur le plan professionnel voisinent ceux plus difficiles qu’il s’agisse de grèves, de situations d’intimidation et de discrimination dont étaient victimes des travailleurs de la construction surtout à l’époque du Conseil conjoint, qui a regroupé pendant quelques années les syndicats affiliés au Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) et de la FTQ-Construction.

Gérald Picard reconnaît que prendre sa retraite a été une décision difficile. Il a eu besoin d’un peu de temps et de vacances pour se faire à l’idée. « Maintenant, je me sens prêt. Un de mes projets est de reproduire en modèles réduits de bois des pièces d’équipement lourd. Je me suis procuré les plans aux États-Unis et j’ai acquis tout l’outillage nécessaire. Ce sera mon activité pour l’hiver. Et l’été, j’aurai de quoi m’amuser, j’habite maintenant un chalet en Estrie, j’ai un grand terrain et un tracteur », confie-t-il. ◼

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