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Discours de François Vaudreuil, président de la CSD : La force de notre solidarité

5 mars - 7

De gauche à droite : RIchard Perron, président SPGQ, Lucie Martineau, présidente SFPQ, Louise Chabot, présidente CSQ, Georges Bouchard, président SDEG, François Vaudreuil, président CSD, Joseph Thouvenel, vice-président affaires internationales CFTC, Daniel Boyer, président FTQ, Jean Lacharité, 2e vice-président CSN, Carolle Dubé, présidente APTS

 

 

Une nouvelle page de l’histoire récente du syndicalisme québécois


 

En tout premier lieu, je voudrais remercier toutes celles et tous ceux qui ont pris la parole avant moi : Daniel, Jean, Louise, Lucie, Carolle et Richard, sans oublier Joseph, notre ami et frère, qui n’a pas hésité à traverser l’Atlantique pour témoigner de sa solidarité envers les lock-outés et leur livrer le salut fraternel des membres de la CFTC.

Merci pour avoir répondu avec autant de spontanéité que de générosité à mon appel.

Merci d’avoir accepté d’y participer.

Merci d’avoir permis la création d’un aussi vaste et impressionnant mouvement de solidarité que celui qui nous réunit aujourd’hui.

Depuis deux ans, les gestes d’entraide et de partage se sont multipliés à l’échelle de la région, créant un imposant courant de solidarité à l’égard des travailleuses et des travailleurs frappés par un lock-out qu’ils n’ont jamais voulu, ni recherché. Mais avec la présence, à nos côtés, sur cette estrade, de dirigeantes et dirigeants de six autres organisations syndicales, ce mouvement prend une toute autre dimension, à la mesure même de l’ampleur des attaques virulentes menées sans relâche par la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Saguenay – Lac-Saint-Jean.

Au cours des 730 derniers jours, la Corporation des concessionnaires d’automobiles de la région a largement mis à contribution les ressources de notre système judiciaire pour ébranler, démolir la résistance des lock-outés. Ces femmes et ces hommes ont eu à faire face au harcèlement, à des mesures disciplinaires de congédiement ou de suspension, à des poursuites civiles, à des accusations criminelles. Ils ont dû subir les jugements portés par leur entourage, ils ont vu leur communauté divisée, déchirée par les tensions sociales.

Aujourd’hui tous ensemble réunis, je pense que l’on peut dire que nous écrivons une nouvelle page de l’histoire récente du syndicalisme québécois. Par votre participation à la tenue d’un événement d’une portée nationale, vous tous ici non seulement vous exprimez haut et fort votre solidarité à l’égard des travailleuses et des travailleurs lock-outés, conscient du drame qu’ils vivent depuis deux ans, mais au-delà de cet appui solennel vous vous engagez à agir concrètement en organisant au cours des prochaines semaines, différentes actions d’appui. Cette unité d’action constitue un véritable précédent, donnant un caractère innovateur à ce grand rassemblement de solidarité.

Chaque organisation syndicale tiendra, conjointement avec le SDEG, différents événements afin de sensibiliser la population à l’importance de retarder l’achat d’une automobile tant et aussi longtemps que durera le lock-out. Cette stratégie est notre réponse à l’entêtement aussi insensé que stérile des concessionnaires d’automobiles, à leur mauvaise foi, à leur refus maintes fois réitéré de ne pas négocier comme de participer à un processus de médiation. Pourquoi une telle attitude? À en croire ce que répètent les concessionnaires d’automobiles, ils n’ont aucun intérêt à négocier puisqu’ils se targuent de faire plus d’argent depuis le déclenchement du lock-out qu’en temps normal.

Face à ce conflit de travail qui perturbe depuis deux ans, il nous fallait donner une impulsion nouvelle à nos interventions. Chaque fois que les intérêts des travailleuses et des travailleurs l’exigent, le mouvement syndical québécois a, plus d’une fois, démontré, et c’est là sa force, qu’il est capable au-delà de tout esprit de partisannerie, d’élaborer et de développer de nouvelles formes de solidarité, de mettre sur pied et de coordonner des actions de mobilisation pour contrer les abus, les excès des employeurs comme ceux commis par la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Saguenay – Lac-Saint-Jean.

Leur ambition d’être toujours plus riches, de faire davantage de profits les a conduits à agir avec mépris à l’égard de leurs salariées et salariés, à vouloir les exploiter sans scrupule en leur proposant des reculs de plusieurs décennies de leurs conditions de travail, et cela sans le moindrement tenir compte des interactions qui existent dans une société. Ils ont oubliés qu’une entreprise n’existe pas, ne se développe pas comme si elle était sur une île déserte, elle fait affaire avec des fournisseurs, des acheteurs, des clients, qui pour la plupart sont eux aussi des salariés.

Aujourd’hui, le défi que nous avons tous à relever est de faire comprendre à la population du Saguenay – Lac-Saint-Jean qu’alors que des femmes et des hommes sont dans la rue depuis deux ans se battant pour travailler dans la dignité et le respect, encourager un concessionnaire d’automobile en faisant l’acquisition d’un véhicule, c’est poser un geste qui contribuera à faire la démonstration que la cupidité peut avoir raison de la détermination, du courage de ces hommes et de ces femmes. Il faut que la population toute entière comprenne que c’est elle qui détient la clé de ce lock-out.

Aujourd’hui, à ceux qui croient que l’argent peut tout permettre, tout justifier, nous allons répondre par la force de notre solidarité, par notre volonté inébranlable, de celle qui déplace les montagnes, par la fermeté de notre engagement pour mettre un terme aux agissements méprisants et socialement irresponsables de la Corporation des concessionnaires d’automobiles, car ce lock-out est une honte.

Jamais, au grand jamais, nous ne tolérerons que l’aspiration combien légitime des travailleuses et des travailleurs du SDEG de travailler dans la dignité et le respect soit foulée aux pieds, honteusement bafouée sur l’autel du profit.

Merci encore et longue vie au SDEG.