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La Base / Textes de François Vaudreuil

Régimes de retraite : le gouvernement doit agir maintenant, sur les bons leviers!

François Vaudreuil

François Vaudreuil

Si la CSD s’est toujours battue avec acharnement pour assurer aux travailleuses et aux travailleurs des conditions de travail leur permettant de vivre décemment, dans la dignité et le respect, leur sécurité financière à la retraite la préoccupe tout autant.

Car même si les dépenses qu’ils auront à assumer à la retraite seront généralement moins élevées, on estime qu’ils auront besoin pour maintenir leur niveau de vie d’environ 70 % de leur revenu annuel de travail. Pour la centrale, s’il s’agit d’une norme acceptable, c’est avant tout un seuil minimal, et pour l’atteindre, les Québécoises et les Québécois doivent pouvoir disposer de régimes de retraite suffisants, et c’est là que le bât blesse!

Dans le système actuel, les sources de revenus à la retraite sont de trois ordres : le Programme de la sécurité du revenu, financé par l’impôt fédéral, le Régime de rentes du Québec et les régimes privés de retraite ou les épargnes personnelles. Pour une personne qui gagne un salaire annuel de 40 000 $, le premier palier remplace environ 15 % du revenu, le second 25 %. Dans cet exemple, les régimes publics représentent donc 40 %.  Mais plus le salaire est élevé, plus le taux de remplacement diminue. Ainsi, pour une personne qui gagne 60 000 $, le taux de remplacement sera autour de 30 %.

Actuellement, comme on le constate dans le Rapport D’Amours, « les régimes publics offrent une très bonne protection pour les revenus les plus bas, cette protection diminuant rapidement avec la croissance des revenus.  Au-delà des revenus les plus bas, soit pour les travailleurs ayant un salaire moyen ou un salaire supérieur à la moyenne, la couverture offerte par les régimes publics doit être complétée par les régimes complémentaires ou par l’épargne personnelle – ou par les deux – afin d’atteindre les objectifs recherchés en matière de sécurité financière. Or, tous les travailleurs n’ont pas, à cet égard, une couverture adéquate ».

C’est la raison pour laquelle la couverture des régimes publics doit être élargie d’autant que l’expérience démontre qu’il s’agit d’un modèle des plus efficaces et qui crée le moins d’inégalité de revenus, en palliant à l’absence d’un régime complémentaire de retraite ou à l’incapacité de ces personnes d’épargner suffisamment pour se garantir une retraite décente.

C’est une des positions défendues par la CSD à la Commission parlementaire des finances publiques, en septembre 2013. Cette revendication s’inscrit dans l’esprit de la résolution adoptée par les délégués lors du Congrès 2013.

Le rapport émis à la suite des consultations menées par la commission est plus que décevant. Tous les parlementaires qui y ont participé ont raté l’occasion qui leur était offerte d’améliorer notre système de retraite.

Pour la CSD, le diagnostic est clair : le système actuel est inopérant. Il faut le corriger, le modifier, le plus rapidement possible, afin d’éviter que ne se perpétuent les inégalités. L’urgence d’agir est indéniable. Un article paru en octobre dernier dans le quotidien La Presse a de quoi convaincre les plus sceptiques quand on lit que « 84 % des Canadiens de moins de 35 ans font face à un grand niveau de stress relativement à leurs finances » ou que « 46 % des baby-boomers québécois s’inquiètent de leur capacité à assurer leur sécurité financière à la retraite. C’est 20 % de plus qu’avant la crise économique qui a commencé en 2008 ».

Dans ce contexte, la centrale presse le gouvernement du Québec d’agir le plus rapidement possible, soit en instaurant la rente longévité, recommandée dans le Rapport D’Amours, mais de la verser non pas à partir de 75 ans, mais de 70 ans, soit en bonifiant le Régime des rentes du Québec.

L’objectif est d’offrir à toutes les travailleuses et tous les travailleurs une meilleure sécurité financière à la retraite, ce qui cadre pleinement avec les principes que la centrale défend, avec les valeurs qui sont ses assisses. Au nom du bien commun, au nom aussi de l’équité intergénérationnelle, le gouvernement se doit d’agir et de favoriser la mutualisation des risques liés au vieillissement pour l’ensemble de la population. Il ne peut ni ne doit en être autrement.

 

François Vaudreuil

Président de la CSD