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Un budget fédéral déconnecté de la réalité des travailleurs canadiens « Le ministre Flaherty aurait dû changer de lunettes au lieu de changer de semelles »
Montréal, 25 février 2008 – Alors qu’une récession plane à l’horizon, le ministre Flaherty choisit la voie traditionnelle des Conservateurs comme réaction au lieu d’y aller d’audace en tentant de stimuler l’économie par des dépenses de programmes qui aideront réellement les travailleurs à passer à travers la crise. En effet, en choisissant de consacrer la majorité des surplus à la réduction de la dette, le ministre des Finances démontre qu’il voit le monde à travers les lunettes conservatrices et n’ose rien dépenser. Au lieu de l’injecter dans les personnes, ce sont les financiers qui sont sécurisés. La reconduction de la fiducie de un milliard de dollars pour venir en aide aux communautés démontre que ce gouvernement n’écoute pas ses concitoyens. Tout le monde s’est entendu pour souligner, au moment où la mesure a été annoncée, que l’idée de répartir les fonds disponibles en fonction du nombre d’habitants n’avait aucun sens parce que les pertes d’emplois sont concentrées dans quelques provinces seulement. Ainsi, le Québec n’aurait droit qu’à moins du quart des fonds, alors qu’il a perdu plus de 130 000 emplois manufacturiers depuis 2002 et plus de 7 000 emplois dans le secteur forestier. Et l’Alberta, qui est en plein boom économique, aurait droit à un peu plus de 10 % des fonds pourtant destinés à aider les secteurs qui subissent des pressions liées aux fluctuations du taux de change ou à un fléchissement de la demande. « C’est un non-sens » a lancé M. Vaudreuil. Pour soutenir réellement les secteurs manufacturier et forestier, c’est un véritable programme de stimuli économiques que le gouvernement aurait dû lancer, à l’image de ce que le gouvernement du Québec a annoncé il y a quelques mois. « L’absence du fédéral est à déplorer dans ce dossier », a commenté M. Vaudreuil. Si la création de l’Office de financement de l’assurance-emploi est une bonne nouvelle, l’absence de volonté du gouvernement conservateur de bonifier le régime pour qu’il redevienne un régime de protection contre le risque chômage digne de ce nom fait en sorte que la seule solution qui restera au nouvel office de financement, s’il fait des surplus, sera de réduire les taux de cotisation. Ce dont les travailleurs ont besoin, c’est pourtant d’un régime d’assurance-emploi qui leur garantisse qu’ils pourront toucher des prestations s’ils perdent leur emploi, pas d’un régime qui garantisse aux employeurs que leurs cotisations vont baisser d’année en année. Le gouvernement conservateur a aussi choisi de reconduire l’Initiative ciblée pour les travailleurs âgés. Encore là, s’il s’était montré sensible aux besoins des travailleurs, ce ne sont pas des mesures ciblées que l’on aurait reconduites, mais c’est le Programme de soutien du revenu pour les travailleuses et les travailleurs âgés (PSRPTA) que le ministre Flaherty aurait créé. « On n’en est plus aux projets pilotes, on sait tous que les travailleurs âgés qui perdent leur emploi ont plus de difficultés que les autres à trouver un autre emploi parce que leurs compétences ne sont plus en demande sur le marché du travail actuel. Il faut aider ces travailleurs de manière plus permanente pour leur garantir qu’ils termineront leur vie active dans la dignité. Non, vraiment rien dans ce budget ne nous permet de croire que la volonté du gouvernement Harper est de réellement et humainement venir en aide aux dizaines de milliers de personnes touchées par le déclin des secteurs traditionnels », a conclu François Vaudreuil.
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