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Prolongement des normes transitoires dans l’industrie du vêtement : Pourquoi appauvrir les salariés les plus pauvres?
Québec, le 30 novembre 2001 – « Il faut que l’industrie du vêtement et le gouvernement cessent de lier la capacité de concurrencer des entreprises à l’unique question des coûts de main-d’œuvre : pourquoi continuer à appauvrir les salariés qui ont déjà de la difficulté à joindre les deux bouts? »
Tel est le message qu’a livré, hier soir, le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), François Vaudreuil, devant les membres de la Commission de l’économie et du travail, chargée d’étudier le projet de loi 46 révisant les normes transitoires qui s’appliquent à l’industrie du vêtement, depuis l’abolition des décrets le 1er juillet 2000.
Adoptés en 1934, ces décrets s’appliquaient aux travailleurs – syndiqués ou non – de quatre secteurs (confection pour dames, confection pour hommes, chemises pour hommes et garçons, et gants de cuir). Ils ont été remplacés par des normes transitoires touchant la durée de la semaine de travail, le salaire, les vacances, les journées fériées ainsi que les repas et les pauses. Ces normes doivent prendre fin le 31 décembre prochain.
La CSD s’était farouchement opposée à l’abolition de ces décrets parce qu’elle a dépossédé les parties de leur droit légitime de négocier, en plus d’entraîner un nivellement par le bas des conditions de travail de salariés déjà lourdement éprouvés.
Des emplois précaires et sous-payés
Au Québec, l’industrie du vêtement emploie quelque 55 000 personnes – dont 80 % sont des femmes. Leur salaire annuel varie entre 13 000 et 16 000 dollars et, dans les cas des salariés du vêtement pour dames et ceux du vêtement pour hommes, leur salaire est gelé depuis 1992 et 1994 respectivement. Au Québec, le salaire annuel moyen se situe à un peu moins de 30 000 dollars.
« La prolongation de 30 mois des normes transitoires, sans révision à la hausse, fera en sorte qu’à terme, ces travailleurs et travailleuses auront subi un gel de salaire pendant les dix à douze dernières années, alors que l’indice du prix à la consommation n’aura cessé de croître. Le gouvernement ne doit pas abandonner ces travailleurs et travailleuses, dont plusieurs de celles-ci sont monoparentales… », d’invoquer le président de la CSD.
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Pistes de solution pour une industrie en crise
Pour la CSD, l’industrie du vêtement vit une crise majeure que l’État se doit de dénouer. Actuellement, cette industrie fonctionne dans une logique de compétition sauvage où la productivité des employés n’est nullement en cause, mais dont ceux-ci sont les premières victimes.
La CSD est prête à considérer le prolongement des normes transitoires uniquement dans la mesure où, au cours des 30 prochains mois, le gouvernement s’engage à restructurer l’industrie du vêtement dans une perspective de développement durable à long terme.
Ainsi, la CSD soumet au gouvernement que l’organisation du travail doit être basée sur le secteur du vêtement plutôt que sur les entreprises. À cet effet, l’État doit instaurer des mesures incitatives de regroupement des entreprises pour favoriser l’investissement dans les nouvelles technologies, dans la formation, ainsi que dans la prévention des lésions professionnelles.
Par ailleurs, la CSD demande au gouvernement d’agir rapidement pour protéger les paies de vacances des travailleurs du vêtement dans les cas de faillite. Actuellement, les entreprises de ce secteur qui ferment leurs portes pour insolvabilité sont nombreuses à ne pas rembourser les semaines de vacances aux salariés qui y ont pourtant droit. Pour la CSD, ces sommes devraient être mises en fidéicommis ou en garantie, pour que les employés puissent les récupérer rapidement. Autrement, ou ils ne reçoivent jamais ces sommes ou ils doivent entamer de longues procédures alors qu’ils sont pratiquement sans le sou.
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Information : Martin LaSalle
Responsable des communications, CSD
(514) 229-7853
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