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Le fureteur CSD – Vol. 16 – n°1 – Page 3 – Mot du président

Un retour aux sources
Par François Vaudreuil

François Vaudreuil, président de la CSDChaque instance de la CSD a une signature qui lui est particulière, en écho des préoccupations qui confrontent le mouvement syndical tant national qu’international et aussi des grands débats de société. L’Assemblée plénière de juin dernier par les sujets qui ont été traités, n’y a pas dérogé.

Mais si un sujet d’une actualité quasi planétaire comme les paradis fiscaux figurait à l’ordre du jour, cette 34e Assemblée plénière nous a surtout permis d’identifier et d’adopter collectivement les moyens à prendre pour assurer une toujours plus grande vitalité à notre action syndicale de base. Quelle que soit l’époque, quel que soit le contexte, nous ne devons jamais perdre de vue qu’organiser l’action syndicale de base, c’est la seule façon d’être capable de faire partager au plus grand nombre possible de travailleuses et de travailleurs le projet syndical de la CSD. Mais également de les mobiliser, de leur permettre de bâtir et de développer un rapport de force suffisant vis-à-vis leur employeur, de les outiller afin qu’ils puissent atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés, de cultiver et d’affermir la solidarité qui nous lie les uns aux autres au sein de la centrale.

À la CSD, l’action syndicale de base se vit dans chaque association, dans chaque syndicat affilié, mais aussi à la centrale.

Conscients de la nécessité de toujours travailler au renforcement de l’action syndicale de base, conscients aussi de l’importance des enjeux en cause, les quatre membres du bureau syndical se sont partagé les sept régions dans lesquelles des associations et des syndicats affiliés sont implantés. Ils ont ainsi décidé de rencontrer les membres des équipes régionales et de leur donner un coup de main pour l’élaboration de leur plan d’action annuel, avec comme objectif premier d’animer et de redynamiser le concept de la régionalisation.

Du 7 octobre au 4 novembre 2016, les réunions régionales annuelles se sont tenues sur le thème « Autonomie et solidarité, les leviers de notre force collective », afin de nous rappeler que l’autonomie ne prend tout son sens, toute sa dimension que lorsqu’elle est jumelée au développement de la solidarité. Des ateliers ont été organisés pour assurer aux membres des associations et des syndicats affiliés un retour aux sources, à des éléments de base, aussi fondamentaux que la relève, la participation active au sein des associations et des syndicats affiliés comme aux instances et aux activités de la centrale. De plus, cet exercice devrait permettre à la CSD d’être toujours aussi représentative de son membership.

Ce fut également l’occasion de rappeler, une fois encore, aux militantes et aux militants que, si la régionalisation est résolument axée sur le renforcement de l’action syndicale de base, elle répond aussi à deux grands objectifs: procurer aux associations et aux syndicats affiliés un contrôle des services que la CSD dispense en région (formation régionale, soutien à la vie syndicale, syndicalisation) et développer le militantisme et le sentiment d’appartenance à la centrale.

Un autre temps fort de l’assemblée plénière comme d’ailleurs des réunions régionales a été la campagne de solidarité lancée il y a quelques semaines par la centrale afin de venir en aide aux ex-lockoutés du Syndicat démocratique des employés de garage Saguenay – Lac-Saint-Jean (SDEG CSD). Cette campagne interpelle non seulement chaque association, chaque syndicat affilié, mais aussi chaque militante, chaque militant et notre réponse doit être à la mesure des besoins qui sont énormes. Les résultats obtenus jusqu’à présent sont encourageants, mais il faut poursuivre nos efforts, la qualité de vie de quelque 140 salariés en dépend. La hausse du salaire minimum et l’instauration d’un revenu minimum garanti (RMG) ont constitué deux pièces majeures de l’assemblée plénière. D’une part, les rumeurs veulent que la mise en place d’un RMG soit à l’ordre du jour du gouvernement libéral de Philippe Couillard, il est même question que Québec aille rapidement de l’avant dans ce dossier.

Comme la CSD est animée par la farouche volonté de combattre les inégalités sociales, il n’est pas question pour nous de donner un chèque en blanc au gouvernement, l’implantation d’un RMG devra se faire dans l’esprit de la résolution adoptée en assemblée plénière par les délégués, surtout pas au détriment de la qualité des services publics.

Un autre exemple des actions concrètes mises de l’avant par la CSD, elle a participé à la mise sur pied de la campagne 5-10-15 de concert avec le Front de défense des non-syndiqués, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

La campagne 5-10-15, c’est connaître son horaire 5 jours à l’avance, avoir 10 jours de congés payés en cas de maladie ou de responsabilités familiales et un salaire minimum de 15 $ l’heure.

Plusieurs actions ont déjà été entreprises par la coalition, une rencontre avec la ministre responsable du Travail, Dominique Vien a également eu lieu, mais le point le plus intéressant, c’est qu’une bonne partie de la population appuie cette dernière revendication en autant que la hausse du salaire minimum s’étale sur une période raisonnable de quelques années. De plus en plus de gens sont conscients que le salaire minimum actuel à 10,75 $ ne permet à personne de sortir de la pauvreté même en travaillant à temps plein et que la prochaine hausse doit être substantielle pour permettre de se rapprocher de l’objectif du 15 $ l’heure. ◼