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Le fureteur CSD – Vol. 16 – n°1 – Page 16 – 34ème Assemblée plénière

Donner un nouveau souffle à la régionalisation
Par Jacqueline De Bruycker

Visages des régions
Visages des régions

 
« L’objectif de ces modifications est de donner un nouveau souffle à la régionalisation en favorisant la participation et l’implication des militantes et des militants, ainsi que du personnel de la CSD, à la vie syndicale régionale, plus particulièrement dans l’élaboration et l’évaluation du plan d’action annuel », d’expliquer le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), François Vaudreuil.

En même temps, il a rappelé que la régionalisation est une pièce majeure de la démocratisation de l’action syndicale, et qu’une des premières responsabilités des membres du bureau syndical est de s’assurer du fonctionnement démocratique des instances afin que les associations et les syndicats affiliés soient et restent les véritables propriétaires de la centrale.

Mais attention, cette responsabilité incombe tout autant à l’ensemble des dirigeants des associations et des syndicats affiliés qu’à ceux de la centrale. Manquer à cette responsabilité, c’est, at-il insisté, courir le risque d’une déconstruction graduelle du projet CSD, c’est oublier que la CSD est fondamentalement un mouvement de fraternité et de solidarité. Pas question de se mettre la tête dans le sable, ce risque existe bel et bien. Dans la foulée du vieillissement de la population, donc du membership, les délégations de militants aux différentes instances se renouvellent constamment, parfois sans qu’il y ait eu transfert des valeurs et des principes sur lesquels la centrale a été fondée et qui donnent tout son sens à son action syndicale.

Visages des régions
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Un concept réfléchi

Le concept de la régionalisation a été longuement réfléchi dès la fin des années 1970 par les délégués des syndicats affiliés, à la lumière de ce que la plupart d’entre eux avaient vécu à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), au sein de laquelle ils se sentaient sans voix, sans pouvoir et qui n’était plus, selon eux, vraiment représentative de leur besoins, de leurs attentes.

« En réaction, les délégués ont tenu à inscrire à l’article I des règlements de la centrale qu’en toutes occasions, "la CSD ne peut prétendre les représenter sans leur consentement". C’est pourquoi sans un mandat de l’assemblée plénière, du congrès ou d’une autre instance, nous n’intervenons pas au niveau médiatique sur tel ou tel sujet, nous nous taisons », souligne François Vaudreuil.

C’est ainsi qu’ils ont également opté pour un modèle participatif novateur et pour une décentralisation des services, confiant ainsi aux syndicats affiliés, propriétaires de la centrale, un contrôle des services que la CSD dispensait en région : la formation régionale, le soutien à la vie syndicale et la syndicalisation, ce contrôle s’exerçant par l’élaboration du plan d’action annuel ainsi que par son évaluation.

Axée sur le renforcement de l’action syndicale de base, la régionalisation avait également comme objectif de développer et d’entretenir le militantisme ainsi que le sentiment d’appartenance à la centrale.

Mais ce modèle participatif n’a pas atteint son plein potentiel de développement, loin de là! Les consultations menées au cours de la dernière année ont, constate-il, mis en lumière l’urgence de redonner à la régionalisation le rôle essentiel qui lui a été dévolu.

Il cite, par exemple, l’annulation, faute de participants, de plusieurs sessions de formation. Pourtant les besoins sont là et ils sont énormes. « Si nous voulons que les associations et les syndicats affiliés comme leurs membres puissent contrôler leur destinée, bâtir et exercer leur autonomie, analyser les situations auxquelles ils font face et prendre des décisions éclairées, nous devons nous adapter à leurs besoins, ce n’est pas à eux à s’accommoder de notre programmation. Nous devons nous ressaisir et être en action sur le terrain, près des gens, dans les régions », considère François Vaudreuil.

Visages des régions
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Égalité des genres

Fruit d’une décision unanime des membres du bureau syndical et du conseil de direction et adopté par les délégués, le changement le plus important est sans nul doute celui touchant l’égalité des genres.

Afin de favoriser la place des femmes au sein des différentes instances de la centrale, un premier pas sera prochainement franchi au niveau de la structure régionale. Un des deux postes de représentant régional et de représentant régional adjoint au conseil de direction devra désormais être occupé par une femme. En outre, si aucune femme n’était choisie à l’un de ces postes, le poste de représentant régional adjoint demeurera vacant jusqu’à ce qu’une femme soit élue à l’occasion de la prochaine réunion régionale annuelle. L’objectif visé par le bureau syndical est d’atteindre, d’ici quelques années, la parité au conseil de direction.

Visages des régions
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D’autres changements

Plusieurs changements ont aussi été apportés au document « Le rôle des régions » toujours dans le but de redynamiser la régionalisation. Ainsi, à titre d’exemple, l’équipe régionale se réunira désormais une fois par année pendant les heures d’ouverture des bureaux. L’équipe régionale est au centre du modèle participatif dont la CSD s’est dotée. Chacune se compose des membres du bureau syndical régional, des responsables des services régionaux de syndicalisation, de formation, de soutien à la vie syndicale ainsi que des membres du personnel de la centrale qui accompagnent les syndicats affiliés de la région, y compris ceux desservant la CSD Construction. « La préparation chaque année du plan d’action régionale et son suivi constituent le cœur de la réunion régionale. C’est là que doivent être débattus des sujets comme la participation au sein de nos syndicats, la relève, la capacité de mobilisation, le système d’information, les règles de communication, l’élaboration d’un rapport de force avec l’employeur suffisant pour améliorer les conditions de travail, la construction et le maintien de la solidarité. Ce sont autant de sujets sur lesquels il faut réfléchir, afin de les rendre plus intéressants », explique-t-il.

Dans la même veine, les membres du bureau syndical régional pourront eux aussi tenir une de leurs réunions pendant les heures de travail en vue de préparer la réunion régionale et d’évaluer les actions entreprises au cours de la dernière année.

François Vaudreuil reconnaît aussi qu’il faut donner un nouvel élan aux équipes de militants, qu’ils s’impliquent à la formation régionale, au soutien à la vie syndicale ou à la syndicalisation et il invite chacune des équipes à préparer, pour leur champ de responsabilités, un plan d’action, car là encore, la procédure a pris le pas.

Dernier changement, le Centre de formation ouvrier régionale disparaît pour céder la place à l’Équipe régionale de formation, une appellation davantage en lien avec la composition du membership. ◼