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Le fureteur CSD – Vol. 16 – n°1 – Page 38 – Lock-out du SDEG CSD

Un appel à la solidarité sans précédent lancé aux associations et syndicats affiliés
Par Jacqueline De Bruycker

Ensemble, aidons-les!

Plus solidaire que jamais des ex-lockoutés du Syndicat des employés de garage du Saguenay – Lac-Saint-Jean (SDEG CSD), la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) a lancé à travers le Québec une vaste campagne de solidarité auprès de ses associations et syndicats affiliés afin d’alléger leur fardeau financier.

Le coup d’envoi de la campagne a été donné lors de la réunion annuelle du personnel conseiller de la Centrale et de la Fédération démocratique de la métallurgie, des mines et des produits chimiques, qui s’est tenue les 12 et 13 septembre à Victoriaville. À cette occasion, la CSD a dévoilé les différents outils préparés en soutien à cette campagne, ces outils ont, par la suite, été acheminés aux associations et syndicats affiliés pour qu’ils en fassent la présentation à leurs membres.

Il s’agit d’un feuillet rappelant en bref les grandes lignes du conflit, d’une affichette et d’une vidéo réalisée à partir de l’émouvant témoignage livré par un ex-lockouté, Dave Marcotte, un mécanicien automobile, qui évoque le drame que les membres de SDEG CSD ont vécu et continuent de vivre.

« Trente-quatre mois à vivre en marge de la société, trente-quatre mois à être humilié jour après jour. On a traversé pas mal d’épreuves, mais on en est sorti vraiment grandis, plus forts que jamais. Trente-quatre mois sur le bord de la rue à te battre pour tes principes, tes acquis, ta qualité de vie, je ne redeviendrai jamais la personne que j’étais avant. On a tous changé », témoigne Dave Marcotte.

Le lock-out est terminé depuis plusieurs mois déjà, mais les membres du SDEG CSD ne sont pas au bout de leur peine. Toujours aussi déterminés à casser le syndicat, de nombreux concessionnaires d’automobiles de la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean ont choisi de faire pression sur ses membres en ne rappelant au travail qu’environ le tiers d’entre eux.

Comme il a été décidé que les travailleurs qui ne sont pas rappelés au travail ne paieraient pas leur part de la dette contractée par le syndicat pour les soutenir pendant le lock-out, le fardeau du remboursement pour les salariés rappelés n’en est que plus lourd à cause de cette stratégie patronale.

Afin de poursuivre la lutte tout en assurant à ses membres une certaine sécurité financière, le SDEG CSD a, en effet, contracté un emprunt de quelque six millions de dollars. Cette décision de complémenter l’allocation de soutien à la solidarité versée par la CSD a été longuement analysée par les membres du bureau syndical, démocratiquement débattue et majoritairement adoptée par les membres du syndicat réunis en assemblée générale.

On n’est que 140 à payer la dette contractée par tous les membres du syndicat.

« Sur les 450 travailleurs qui se sont vus imposer le lock-out et jeter à la rue, on n’est que 140 à payer la dette contractée par tous les membres du syndicat. La plupart d’entre nous n’avaient pas les moyens de refuser ce prêt de six millions de dollars, il nous a permis de tenir le coup pendant 34 mois. Je ne chialerai pas pour le rembourser, je l’ai contracté. Mais la facture est trop élevée, nous avons besoins d’aide, c’est pourquoi je vous tends mon chapeau, je vous invite à le remplir pour qu’on puisse retrouver un peu de dignité et aussi pour apaiser le quotidien ».

Dave Marcotte tend son chapeau

C’est une cotisation de 145 $ par semaine que doivent verser les membres du syndicat, et ce, pendant les six prochaines années. Afin de réduire leur fardeau, la CSD ainsi que le SDEG ont déjà pris des mesures exceptionnelles. Mais ce n’est pas suffisant pour enfin permettre à ces travailleuses et à ces travailleurs de véritablement se sortir de ce long et douloureux conflit le plus rapidement possible, il faut faire un pas de plus tous ensemble.

C’est pourquoi, la centrale a décidé d’en appeler à la solidarité de ses associations et de ses syndicats affiliés ainsi que de leurs membres. « Au nom de la solidarité qui nous lie au sein de la CSD, nous vous invitons, par un geste concret basé sur le volontariat, à aider ces femmes et ces hommes qui, avec courage et détermination, ont vécu pendant près de trois ans dans la rue, victimes de la cupidité de leurs employeurs. Comme membres d’une association ou d’un syndicat affilié à la CSD, montrons-nous à la hauteur de leur combat, de leurs sacrifices, montrons-leur la force de notre solidarité en donnant généreusement », exhorte François Vaudreuil.

Il presse les associations et les syndicats affiliés, faisant partie intégrante du mouvement de fraternité et de solidarité qu’est la CSD, de faire de cette campagne de solidarité sans précédent un franc succès. « Nous enverrons ainsi un message clair aux employeurs que toutes leurs stratégies aussi méprisantes qu’antisyndicales ne réussiront jamais à casser le syndicat ni à briser la solidarité de ses membres comme celle qui anime la centrale dans son ensemble. » ◼

Comment appuyer la cause des ex-lockoutés du SDEG CSD?

▣ Par chèque à l’ordre de la CSD:
CSD / Soutien SDEG
990, ave. de Bourgogne (bureau 600)
Québec, Qc G1W 0E8
▣ Par virement bancaire:
Transit: 20075
Institution: 815
Folio: 2230779