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Jean Mailhot, 30 ans d’action syndicale

Par Jacques Désy

Entré à l’emploi du Groupe Sodisco-Howden en 1982, Jean Mailhot commence son parcours syndical en 1985 en tant que délégué syndical au sein du Syndicat des employés de magasins de Victoriaville et de la région[1]. C’est Jules Langlois, le président de l’époque qui, ayant remarqué l’intérêt que Jean avait pour le syndicat, l’avait approché en lui suggérant de se joindre à l’équipe. En 1986, il devenait secrétaire, puis vice-président en 1988 pour enfin accéder à la présidence en 1993.

L’importance de la formation

Selon lui, le fait de suivre la formation IVS dès le départ l’a grandement aidé à se faire une idée juste et éclairée de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).  Par la suite, Jean s’est impliqué dans la région Centre-du-Québec en faisant partie, notamment, de l’équipe à l’organisation et, plus récemment, en suivant la formation des formateurs.

« J’ai toujours aimé être impliqué et le syndicat m’intéressait beaucoup. Pour moi, c’est important d’être plus proche de ce qui se passe, être directement dans l’action. Jules Langlois avait remarqué ça. À l’époque, avec lui ça « brassait » et il n’avait pas la langue dans sa poche. J’aimais son style », raconte Jean Mailhot.

Un événement décisif

La vraie piqûre, il l’a eue pendant le lock-out d’une durée de trois mois en 1988-1989 alors qu’il était vice-président. « C’est à ce moment que j’ai vraiment compris ce que signifiaient les mots solidarité, entraide, détermination. Il n’était pas question de se laisser faire, de lâcher. Nous avons tenu le coup, la tête haute et nous en sommes tous sortis gagnants. Jocelyn Lavoie était notre conseiller syndical à la négociation et je dois dire qu’il a été une bougie d’allumage pour moi, mais aussi pour les autres membres de l’équipe. Sa persévérance, son travail acharné, ses convictions ont toujours été une inspiration », mentionne-t-il.

Au cours de presque trente ans d’action syndicale, Jean Mailhot a vécu de nombreux changements autant dans les domaines de la législation, qui devient de plus en plus complexe, que dans les relations du travail. On n’a qu’à penser aux dossiers de la sous-traitance, du harcèlement psychologique, des accommodements raisonnables, pour ne nommer que ceux-là. Selon lui, la grosse différence entre hier et aujourd’hui c’est qu’il y a de moins en moins de noir et de blanc, de plus en plus de zones grises, ce qui rend le rôle d’un élu de syndicat beaucoup plus exigeant. « Aujourd’hui, l’accès à l’information presque instantanée et l’interprétation que les gens peuvent en faire influencent beaucoup nos façons d’intervenir. Comme les dossiers sont plus complexes, ils exigent des analyses plus poussées. Ils nécessitent un expertise très variée, de là l’importance de pouvoir compter sur le personnel conseiller de la centrale. »

Les défis à venir

Quant aux défis que le syndicat aura à relever au cours des prochaines années, l’autonomie et la relève au sein de l’équipe demeurent deux priorités. « Une des plus grandes qualités de la CSD, c’est le principe d’autonomie. Mais l’autonomie, ça veut également dire de la disponibilité, de l’engagement, des connaissances et des facultés d’adaptation. Il faut dorénavant travailler dans une direction qui fera que la notion d’engagement syndical se transforme en fierté, en passion. Évidemment, la relève est directement concernée par ce constat. Il devient donc primordial d’attirer de nouveaux visages dans notre équipe et d’ainsi assurer la continuité d’un syndicat fort avec un réel rapport de force. »

Enfin, face aux attaques grandissantes visant les organisations syndicales, Jean répond : « Il faut sans cesse se rappeler les raisons pour lesquelles nous nous sommes syndiqués, ramener la fougue et les convictions, ramener les valeurs qui nous ont façonnés. Les membres de notre syndicat adhèrent grandement aux valeurs de la CSD et même si les temps changent et que les milieux de travail évoluent, nous devons continuer fièrement à garder la tête haute. Nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons un travail décent, mais que personne nous l’a donné; nous nous sommes battus pour l’obtenir. »


[1] Le Syndicat des employés de magasins de Victoriaville et de la région, syndicat fondateur de la CSD, est devenu le Syndicat des salariés du Groupe Sodisco-Howden (CSD) en 1999 puis, récemment, a changé sa désignation pour le Syndicat des salariés de Chalifour Canada (CSD).