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8 mars 2010
Journée internationale
des femmes


8 mars 2010 - Journée internationale des femmes

La CSD : un acteur social engagé

Français au travail

La francisation des milieux de travail est une préoccupation bien ancrée à la Centrale des syndicats démocratiques (CSD). Elle a exprimé cette préoccupation dès sa fondation en 1972, en revendiquant pour chaque personne le droit de travailler et de négocier en français. Cinq ans plus tard, la Charte de la langue française, adoptée par l'Assemblée nationale, a reconnu ce principe fondamental et fait du français la langue officielle du travail au Québec.     Office québécois de la langue française
www.oqlf.gouv.qc.ca

Pourtant, la francisation des milieux de travail n'est pas encore acquise. L'approche actuelle, qui repose sur la certification des entreprises, n'a pas donné les résultats espérés. La francisation des milieux de travail n'est plus un projet de société, elle est devenue une simple obligation juridique, dont les entreprises ont à s'acquitter. Mais plusieurs d'entre elles se sont déchargées de cette responsabilité ou l'assument à contrecœur. Elles conçoivent trop souvent la francisation comme un irritant administratif, une mesure allant même à contre-courant des nouvelles lois de l'économie.

Quant aux travailleurs, ils ont été écartés de la démarche. Ils n'ont pas pu assumer pleinement et efficacement leur rôle de chien de garde. Les comités de francisation, institués par la Charte pour veiller à ce que l'utilisation du français demeure généralisée à tous les niveaux de l'entreprise, occupent très rarement l'espace linguistique qui leur revient.

Cette situation a amené la CSD à soumettre différentes recommandations. Dès 1988, elle revendiquait, entre autres :

  • la création de comités de francisation paritaire, dotés de réels pouvoirs;
  • la mise en place de programmes permettant aux centrales syndicales de mettre sur pied des programmes d'adaptation et d'animation linguistique de la main d'œuvre, en s'inspirant des expériences que les syndicats vivent dans le domaine de la santé et de la sécurité du travail;
  • la participation des milieux de travail à l'élaboration de terminologies, puisque c'est aux travailleuses et aux travailleurs qu'elles sont destinées;
  • la fusion des organismes linguistiques en une seule institution, afin d'assurer une plus grande cohérence des interventions et des actions en matière d'aménagement linguistique.

Ces recommandations sont restées lettre morte si bien que la CSD est revenue à la charge en 1996 et en 2001, à l'occasion des consultations publiques menées par le gouvernement sur l'avenir de la langue française au Québec.

Toute démarche de francisation doit tenir compte de la réalité des milieux de travail et de la culture ouvrière, sinon elle est vouée à l'échec.

Aujourd'hui, l'urgence d'agir est plus présente que jamais. Avec l'arrivée marquée de l'informatisation et des technologies de l'information et l'avènement de la nouvelle économie, le français bat en retraite dans les entreprises pendant que le rayonnement de l'anglais s'accroît.

Pour la CSD, le pouvoir d'attraction du français, même amplifié par l'application des lois linguistiques, est insuffisant pour assurer la francisation des milieux de travail. Voici quelques façons d'y arriver :

  • recentrer la stratégie de francisation sur les personnes;
  • donner aux travailleuses et aux travailleurs un rôle dynamique, moteur;
  • redéfinir clairement la place et les responsabilités qu'ils doivent assumer;
  • reconnaître et promouvoir les syndicats comme agents de francisation.

C'est dans l'environnement de travail que se joue en grande partie la survie du français et que se décidera son émergence ou non comme langue commune de toute la société québécoise. L'intervention des travailleurs est essentielle pour bâtir ce projet d'une société québécoise francophone. Pour y arriver, il faut mobiliser chaque syndicat et réinscrire la francisation des milieux de travail au cœur de notre action syndicale.

Des réalisations de la CSD

La CSD a, au fil des années, exprimé sa préoccupation à l'égard de la francisation des milieux de travail en réalisant de nombreuses activités de formation et d'animation ainsi que plusieurs projets novateurs.

Au quotidien, la CSD :

  • appuie les membres de ses syndicats affiliés engagés dans une démarche de francisation de leur milieu de travail;
  • les guide dans l'élaboration de stratégies ad hoc;
  • fournit l'assistance dont ils ont besoin;
  • les assure d'un service d'aide et de référence, qu'il s'agisse de la correction et de la révision des textes, telles que la francisation des conventions collectives et des statuts et règlements des syndicats, de la recherche de termes français appropriés ou d'informations relatives à des ouvrages spécialisés.

La Base et le Fureteur, publications officielles de la CSD, incluent une chronique intitulée « le français au travail » qui regroupe différents jeux ou capsules linguistiques.

De plus, au cours des années, la CSD a signé différents projets marqués du sceau de l'innovation afin d'éveiller l'intérêt des gens à l'importance de parler et d'écrire un français de qualité.

  • Le français, langue du travail (PDF, 1,36 Mo)
    Un aide-mémoire des droits des individus. En plus d'être un outil de soutien à l'action de francisation dans l'entreprise, cette brochure s'adresse à toutes les travailleuses et les travailleurs du Québec car il appartient à chacun d'entre nous d'assurer la primauté du français dans l'entreprise.
  • *Le logiciel Mystère à l'usine
    Conçu sous la forme d'un jeu d'aventures, il s'adresse aux travailleuses et aux travailleurs qui lisent et écrivent avec difficulté et qui veulent acquérir une formation de base en français et en calcul.
  • *Le guide d'initiation à la Rédaction d'une convention collective
    On y trouve les principaux sujets abordés dans une convention collective et, pour chacun d'eux, le texte d'un article accompagné de remarques sur les erreurs fréquentes de vocabulaire.
  • *Le guide syndical d'intervention Négocier le virage des nouvelles technologies en français
  • la Boîte à outils lexicologiques dans le secteur du vêtement
  • Le concours La chasse aux patentes
  • Dictionnaire québécois des relations du travail
    Travail en cours. L'ouvrage prévoit les définitions d'environ 5 000 termes liés aux relations du travail. Un comité d'experts, comprenant des juristes et des linguistes, juge et harmonise les propositions de définition.

*Ces 3 initiatives ont reçu un Mérite du français au travail, décerné par l'Office québécois de la langue française pour leur qualité et leur originalité.

Une stratégie gagnante

Les relations du travail, tout particulièrement les conventions collectives, représentent pour la CSD un créneau à privilégier pour changer les habitudes de langage et assurer la francisation des milieux de travail.

Plusieurs raisons justifient ce choix :

  • Les conventions collectives régissent la vie professionnelle d'un grand nombre de personnes tout en influençant la langue de l'ensemble de la population.
  • Les étapes entourant la préparation, la négociation et la rédaction d'une convention collective constituent un temps fort de la vie syndicale suscitant, dans une entreprise, l'intérêt, la mobilisation et la participation active des travailleuses et des travailleurs.

Une convention collective bien écrite est un instrument de propagation, de promotion du français de qualité. Elle contribue à enclencher chez les travailleuses et les travailleurs des changements positifs et souvent durables au niveau de leurs habitudes de langage et d'écriture.

La francisation des conventions collectives fait partie de la stratégie d'animation proposée par la CSD. Cette stratégie, qui inclut la réalisation de différentes activités linguistiques touchant notamment l'accroissement du vocabulaire, vise un objectif prioritaire : améliorer la qualité du français et garantir la permanence du français au travail.

Titre Référence Date
La Francophonie syndicale interpelle les chefs d’État et de gouvernement des pays francophones réunis au Sommet de Québec Communiqué 2008-10-16

Langue française : la CSD profondément déçue Communiqué 2002-05-08

Francisation des milieux de travail : la CSD encouragée, mais prudente Communiqué 2001-12-14

Réaction de la CSD au rapport Larose sur la Langue française : Un rapport auquel le gouvernement doit donner suite Communiqué 2001-08-20

États généraux sur la langue française : Un rapport qui réjouit la CSD Communiqué 2001-06-06

Des recommandations qui répondent aux attentes de la CSD Le Fureteur 2001-06-01

Position de la CSD - Commission des États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française Mémoire 2001-03-01

La partie n’est pas gagnée La Base 2001-01-01

Un outil d’autonomie Le Fureteur 2000-09-01

Des relations du travail branchées sur le français La Base 2000-05-01



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