Centrale des syndicats démocratiques
dans le WWW
dans csd.qc.ca
8 mars 2010
Journée internationale
des femmes


8 mars 2010 - Journée internationale des femmes

À l'écoute des gens

Démocratiser les milieux de travail

« Élargir les responsabilités des travailleuses et des travailleurs dans l'entreprise par le contrôle syndical, telle est la volonté de la CSD. Il s'agit de l'une de leurs aspirations fondamentales, un objectif permanent du mouvement ouvrier. »

Une nouvelle vision syndicale

À l'écoute des revendications de ses membres, la CSD, dans sa déclaration de principes, dès 1973, est la première organisation syndicale à énoncer clairement que les milieux de travail doivent être démocratisés.

Ses membres ayant fondé une nouvelle centrale syndicale qui leur appartienne et où ils auraient leur mot à dire, il était tout-à-fait normal pour eux de revendiquer, d'avoir aussi leur mot à dire dans leur milieu de travail. En effet, l'être humain ne peut rester étranger à un milieu où il passe le plus clair de son temps de vie éveillé. Or, au début des années 1970, l'organisation du travail dominante est le taylorisme, une méthode qui prétend prévoir les moindres gestes à poser par des travailleuses et des travailleurs devenus ni plus ni moins que des exécutants qui doivent laisser leur tête au vestiaire en entrant dans leur milieu de travail.

Refusant d'être rabaissés à ce rôle d'exécutants et, surtout, refusant de croire que le taylorisme soit la seule méthode de travail valable, les membres de la CSD amènent la centrale à pousser sa réflexion et à poser des gestes concrets vers la démocratisation des milieux de travail.

En 1979, la CSD précise sa position et prône la nécessité de réorganiser les méthodes de travail et d'élargir les droits des travailleuses et des travailleurs et ce, à six axes :

  • l'activité économique de l'entreprise;
  • l'organisation du travail;
  • le contenu du travail;
  • les conditions de santé et de sécurité;
  • l'aspect socio-économique;
  • l'aspect juridique.

En 1981, la CSD met de l'avant une vision nouvelle du milieu de travail qui s'exprime par l'acronyme ANSER :

  • A pour approche socio-technique;
  • N pour nouvelle forme d'organisation;
  • S pour santé-sécurité;
  • E pour ergonomie;
  • R pour relations du travail.

Cette approche intégrée combine donc à la fois des éléments propres à l'organisation du travail, sur laquelle les travailleuses et les travailleurs étaient sensés n'avoir rien à dire, et d'autres relevant des relations du travail, un terrain plus familier pour les syndicats.

Dans son document Partenaires d'égal à égal, produit en 1985, la CSD s'attaque déjà à la notion de productivité, en alléguant que celle-ci doit être plus large que la définition reconnue, qui ne prend en compte que des éléments facilement quantifiables. Comme le titre du document l'indique pour la CSD, les travailleuses et les travailleurs ne deviennent pas des robots en entrant au travail. Ils et elles doivent pouvoir dire leur mot :

  • en santé et sécurité du travail;
  • en matière de qualité de vie au travail (QVT);
  • dans la planification de la main-d'œuvre;
  • dans l'analyse financière de l'entreprise;
  • dans la gestion de l'entreprise.

On y définit aussi les objectifs que doit atteindre une intervention syndicale en matière de gestion participative. Celle-ci doit reconnaître et prendre appui sur les savoir-faire des travailleuses et des travailleurs, elle doit viser à l'amélioration de la qualité de vie au travail, de même que la protection de l'emploi. En effet, il est clair que les travailleuses et les travailleurs n'accepteront de travailler à l'amélioration de la productivité de leur entreprise en mettant à contribution leur savoir-faire, pourtant ignorés par l'organisation officielle du travail, que s'ils ont la certitude que leur apport ne les conduira pas plus rapidement vers le chômage.

Au Forum pour l'emploi de 1989, la CSD réaffirme son engagement envers la gestion participative.

Des principes non marchandables

À son congrès de 1991, en pleine crise économique, alors que les fermetures se succèdent à un train d'enfer, les déléguées et délégués adoptent deux résolutions engageant la CSD à :

  • « s'assurer que les changements se feront dans le respect intégral des préoccupations ouvrières »;
  • « réaffirmer la nécessité de l'implication des travailleuses et des travailleurs ».

Donc, même en période de turbulences, les membres de la CSD maintiennent leur engagement envers la démocratisation des milieux de travail, refusant de procéder à une vente de feu de leurs principes.

Au congrès de 1993, les déléguées et délégués invitent la centrale à promouvoir l'implication syndicale dans les démarches de qualité qui se développent un peu partout et ce, dans le but de protéger les emplois, parce que des produits de qualité sont souvent gage de pérennité pour les entreprises.

Dans la même veine, en 1995, la CSD est d'avis que les normes ISO peuvent servir à préserver les emplois là où l'implication syndicale est reconnue et valorisée.

En 1996, la CSD tient son colloque annuel sur le thème « Vers une organisation démocratique du travail », suivi en 1997 par « Négocier un contrat social » dans les milieux de travail, puis par « Une richesse à développer et à partager » en 1998. Si le thème du colloque de 1996 parle de lui-même, celui de 1997 portait sur la nécessité de sortir les relations de travail de leur cadre habituel pour négocier l'implication des salariées et salariés dans leur milieu de travail. De même, en 1998, la CSD affirmait que cette implication générerait une nouvelle richesse et qu'il était nécessaire de débattre de cette richesse nouvellement créée pour que chacune des parties y trouve son compte.

En 2001, le thème du colloque a été « La formation : un droit à reconnaître, le besoin de savoir, la capacité de faire », un thème qui synthétisait les revendications de la CSD depuis sa fondation : pour que les travailleuses et les travailleurs puissent prendre leur place dans les milieux de travail, il faut absolument que la formation devienne un droit reconnu, parce que les êtres humains ont le besoin de savoir ce qu'ils font, pourquoi ils le font et, surtout, parce qu'ils sont capables de grandes choses pourvu qu'ils soient reconnus comme des êtres à part entière plutôt que comme des ressources à utiliser.



Haut de la page