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Carole Latour : plus de 40 ans à la CSD et toujours au service des travailleurs!

Carole Latour dans les bureaux de CSD Construction

Carole Latour dans les bureaux de CSD Construction

Aux célébration du 40e anniversaire de la CSD, Carole Latour était la seule employée qui avait aussi été témoin de la fondation de la centrale. Arrivée dans le milieu syndical en 1971, elle a même vécu les péripéties de la scission d’avec la CSN et la mise sur pied de la Centrale des syndicats démocratiques en juin 1972. Elle n’hésitera pas à dire que si ses 40 années au sein de la centrale ont passées si vite, c’est en raison de tout ce qu’elle a pu apprendre dans ce milieu en constante transformation. Mais plus que tout, elle a continué à la centrale, motivée par les relations avec les membres et le soutien que la CSD peut leur apporter dans des moments parfois difficiles.

Lorsque Carole Latour a entrepris des études de secrétariat, elle ne connaissait rien encore aux organisations syndicales. Elle avait pourtant vu son père, blessé au travail, se battre seul pour tenter en vain d’obtenir une quelconque compensation. Cette expérience l’avait marquée et c’est peut-être à cause de cela qu’elle a été attentive, lorsque sur les bancs de l’école de secrétariat, la question de la syndicalisation et du travail qu’on y faisait a été abordée. Et ainsi, la curiosité de Carole était piquée et la grande aventure en milieu syndical allait bientôt commencer pour elle.

Dès la fin de ses études, elle a donc entrepris sa carrière en secrétariat par des petits mandats temporaires en milieu syndical, lors de la construction de l’aéroport de Mirabel. Elle travaille ensuite pour la Fédération nationale des syndicats du bâtiment et du bois (FNSBB-CSN). En 1972, peu après la scission, elle se joint à ceux qui ont décidé de créer une nouvelle centrale. À 17 ans, Carole demeurait une employée loyale pour ses patrons de la première heure, mais comme elle le dit, elle ne saisissait pas toujours tous les enjeux de la lutte qui s’engageait pour assurer à la CSD une place sur l’échiquier syndical.

Elle travaille du côté construction, sous la direction de Marcel Bélanger. Elle se rappelle que c’était une époque où tout était constamment à bâtir. Carole raconte comment sur les chantiers de construction la lutte pour aller chercher de nouveaux membres étaient constante. Face à la compétition, il y a avait un travail continu sur le terrain et un bourdonnement constant dans les bureaux.

Quand elle repense à cette première décennie effervescente avec la CSD, elle dira : « le syndicat m’a permis d’acquérir une expérience et une connaissance que je n’aurais pas eu ailleurs». Lorsque Marcel Bélanger a quitté au milieu des années 1970, elle a relevé un nouveau défi. Un poste de commis à la comptabilité est alors ouvert, Carole postule et obtient le poste. Puis, elle est nommée secrétaire à la comptabilité. Elle apprenait vite et on lui faisait confiance, à son avis pour la simple raison que « ce qui mérite d’être fait, mérite d’être bien fait ».

De la comptabilité aux affaires sociales

De là, dans un bureau où il y avait toujours plus à faire, toujours prête à venir en aide à ses compagnes, en dactylographiant les documents relatifs à la négociation collective, elle en apprenait plus sur le sujet. Avec la centrale qui grandissait, le département de la comptabilité s’est aussi agrandi pour compter plusieurs commis. Dès lors, on a parlé de déménager la comptabilité au siège social de la CSD qui était à Québec. La direction a offert à Carole de déménager sa famille à Québec pour continuer à gérer les dossiers de comptabilité. Plutôt que de partir pour une autre ville, elle décide de quitter la comptabilité et accepte un poste de secrétaire au Service des lois sociales et à la négociation. Ainsi, un autre aspect de la vie syndicale s’ouvrait à elle.

Elle seconde alors le conseiller syndical à la négociation, François Vaudreuil (aujourd’hui président de la CSD) puis, Robert Légaré (qui fut secrétaire de 1989 à 2005), au Secteurs réunis des Affaires sociales et, assiste également l’avocat pour le suivi des dossiers CSST. Le travail demandait, entre autres, de monter les conventions collectives – à l’époque, sans ordinateur, la secrétaire devait tout recopier et assembler ensuite les documents. Toujours pour bien faire son travail, comme elle l’avait fait avec la comptabilité, elle acquière des compétences de secrétaire juridique.

Au service des membres

Au début des années 1990, comme le secteur construction de Montréal n’avait pas de secrétaire attitrée, on y ouvre un poste et Carole décide de retourner à ses premières amours dans le syndicalisme, auprès du directeur professionnel, Pierre-Yvon Ouellet. Elle travaille à l’élaboration de nouvelles méthodes de travail et viendra en soutien aux secrétaires et conseillers dans toutes les régions. Elle travaillera ensuite pour le service aux membres, en secondant le président provincial de la CSD Construction.  C’est ainsi qu’elle suivra de près l’évolution de l’industrie de la construction durant toutes ces années.

Ce qu’elle apprécie le plus au cours de ses nombreux changements de secteur, c’est de devoir suggérer de nouvelles idées, pour améliorer les méthodes de travail, mais en équipe. Plusieurs secrétaires qui sont avec la CSD depuis longtemps, ont commencé aux côtés de Carole. Ce qui ne surprendra pas ceux et celles qui la côtoient, car Carole aime partager ce qu’elle a appris et donner quelques trucs aux nouveaux de la centrale. Après plus de 40 années passées au service des membres, Carole déploie encore la même énergie pour trouver une réponse ou pour orienter un travailleur dans ses démarches.

40 ans de changements

En plus de 40 ans, elle a vu tous les changements technologiques, des systèmes téléphoniques, en passant par les techniques de reproduction et de la machine à écrire manuelle à l’arrivée des ordinateurs et d’Internet.  À travers ces transformations, elle a gardé le goût d’apprendre, se disant avec philosophie et ce franc-parler qu’on lui connait, « ce n’est pas la machine qui va venir à bout de moi, c’est moi qui viendrai à bout de la machine ».

Dans son travail à la CSD elle a gardé une vision fondamentale de la mission syndicale, soit la primauté de l’individu et de ses droits : droit de savoir, droit au respect et droit à une représentation juste et équitable.  Son salaire, dira-t-elle, c’est le travail accompli en servant les travailleurs.

Le syndicat comme outil de développement de la personne, le parcours de Carole en est l’illustration. Et pour le plus grand bénéfice de nos syndiqués, à chaque étape de sa carrière, elle a mis ses nouvelles compétences au service de la solidarité et de la justice, incarnant ainsi les valeurs de la CSD.

Pour conclure la conversation, elle a tenu à remercier les fondateurs de la Centrale, Paul-E. Dalpé, Jean-Paul Hétu, Réal Labelle, Jacques Dion et Amédée Daigle de lui avoir fait confiance.